En route vers le développement des énergies propres

Le meilleur plan d’action est de passer du pétrole à des sources d’énergie propres, qui dépassent les besoins énergétiques.

Jorge Luis Baños - IPS

Selon ses calculs, la quantité de rayonnement solaire que Cuba reçoit équivaut à 50 millions de tonnes de pétrole par jour.

LA HAVANE, 9 fév (IPS) – Il y a plus d’une décennie, l’électricité solaire a changé la vie de plusieurs communautés de montagne à Cuba. Aujourd’hui, cette source d’énergie renouvelable et d’autres apparaissent comme de meilleures options disponibles pour développer l’énergie durable à travers l’île.

“Si le potentiel d’énergie propre au monde dépasse nos besoins de consommation, pourquoi insistons-nous sur l’utilisation de celle qui pollue?”, a demandé Luis Bérriz, directeur de la Société cubaine pour la promotion des sources d’énergie renouvelables et le respect de l’environnement (CUBASOLAR), une organisation non gouvernementale qui promeut l’utilisation de sources d’énergie alternatives et respectueuses de l’environnement.

Selon ses calculs, la quantité de rayonnement solaire que Cuba reçoit équivaut à 50 millions de tonnes de pétrole par jour.

“Si nous couvrions l’autoroute nationale longue de 1.000 kilomètres de panneaux solaires, nous produirions toute l’énergie consommée actuellement, sans utiliser de combustibles fossiles ou occuper un seul mètre carré de terre agricole”, a expliqué Bérriz à IPS dans une interview.

En outre, “personne ne peut bloquer le soleil; il appartient à nous tous”, a-t-il ajouté.

Bérriz est un chercheur et un ardent défenseur de longue date des sources d’énergie renouvelables, qui préfère parler de “renversement” des changements climatiques – qui, selon lui, sont causés par “les actions destructrices des sociétés d’aujourd’hui” – au lieu de leur “adaptation”.

Selon lui, s’adapter à ce que d’autres détruisent ressemble plus au “conformisme”. Les pays industrialisés sont responsables de 75 pour cent de toutes les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’origine anthropogénique, qui provoquent le réchauffement de la planète. Le principal GES est le dioxyde de carbone (CO2).

Pour Bérriz, le meilleur plan d’action est de passer du pétrole à des sources d’énergie propres, qui dépassent les besoins énergétiques. La manière de le faire, c’est de développer les connaissances, la technologie et l’industrie nécessaires pour puiser dans les diverses sources d’énergie renouvelables les plus disponibles dans chaque région, dit-il.

Les principales composantes de ce processus, affirme Bérriz, sont la formation des scientifiques, des techniciens et d’agents qualifiés pour couvrir les besoins en ressources humaines, et la création d’une culture énergétique et environnementale qui permettra de mener la sensibilisation, essentielle pour le développement de l’énergie solaire basée sur “l’équité et la solidarité”.

Le plus grand exploit de Cuba dans ce sens, c’est dans le domaine du développement scientifique et de l’éducation, qu’il partage avec d’autres pays de la région à travers des efforts de coopération.

La contribution de l’énergie éolienne, hydroélectrique et de l’équipement de la biomasse de canne à sucre au Système national d’énergie électrique de Cuba en 2010 était de 178,1 gigawatts/heure, ce qui équivaut à la quantité d’électricité produite en quatre jours et remplace près de 46.000 tonnes de pétrole.

Selon le tableau des statistiques officielles publiées par ‘Energía y Tú’, le magazine de CUBASOLAR, Cuba dispose de 9.624 panneaux solaires, 8.677 moulins à vent, 6.447 chauffe-eau solaires, 554 usines de biogaz, 173 centrales hydroélectriques, quatre parcs éoliens avec 20 turbines éoliennes, et de 608 poêles pour la production de biomasse à granulés de bois.

En outre, l’île dispose de 57 turbogénérateurs et de 67 chaudières dans 61 moulins à sucre. La nouvelle relance de l’industrie sucrière – gérée par un groupe d’entreprises depuis 2011 – comprend l’augmentation du potentiel de production d’électricité à base de la bagasse et d’autres sous-produits de canne à sucre pour approvisionner le secteur durant toute l’année.

Les experts considèrent comme un bon signe la décision du gouvernement de puiser dans la gamme des sources d’énergie renouvelables, en donnant la priorité à celles qui ont le plus grand impact économique, tel qu’il est défini dans un vaste programme visant à moderniser l’économie et à améliorer son efficacité, lancé en avril 2011.

“Le pays s’améliore en termes d’organisation. Le travail et les efforts de planification pour les prochaines années sont en cours dans ce secteur et dans d’autres domaines relatifs aux énergies renouvelables”, a déclaré Bérriz, insistant que Cuba a toutes les conditions pour progresser dans l’utilisation des infrastructures d’énergies propres.

Les plans comprennent la réactivation des usines éoliennes, la revitalisation de l’industrie des turbines hydroélectriques, et le développement accru de la production de panneaux solaires, autant que possible, car ces plans ont été les meilleures options dans un programme d’électrification rurale mis en œuvre au cours des 10 dernières années.

“Nous ne pouvons pas passer à un rythme plus rapide (dans le développement de l’industrie) en raison des énormes contraintes financières du pays. Avec plus de ressources, nous pourrions avancer beaucoup plus vite sur le chemin de l’énergie renouvelable et la partager avec d’autres nations”, indique l’expert.

D’autres experts notent que Cuba a besoin d’un mécanisme d’appui spécifique pour accélérer l’introduction et l’utilisation de générateurs alternatifs “vers un développement énergétique durable” qui n’accable pas l’Etat, et que cela constitue une option attrayante et fiable pour les investisseurs étrangers, et encourage les industries nationales à utiliser ces sources.

Dans ce sens, Conrado Moreno, un chercheur et membre du conseil d’administration de CUBASOLAR, présente les coopératives agricoles comme une “niche encore inexploitée”, où, avec la production et la vente des aliments, les sources d’énergie renouvelables apparaissent comme “une solution prometteuse dans le modèle économique qui approche”.

Selon Moreno, cette forme de production recevra des incitations grâce à une législation actuellement en discussion et qui sera adoptée sous peu.

Plusieurs pays d’Amérique latine, y compris l’Argentine, le Brésil, le Mexique, El Salvador, le Nicaragua et la République dominicaine, ont déjà des cadres juridiques en place pour fournir un appui politique et financier pour le développement de générateurs respectueux de l’environnement. (FIN/2012)

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