La riche biodiversité confrontée à plusieurs menaces

Le rapport national sur les OMD a souligné les échecs du pays dans les efforts de lutte contre la pollution et la protection des écosystèmes critiques.

Zadie Neufville - IPS

Les experts craignent que le mépris pour l'environnement naturel ne puisse exacerber les effets des phénomènes météorologiques violents

KINGSTON, 23 mai (IPS) – Les autorités jamaïcaines sortent toutes pour parvenir à la durabilité environnementale comme une manière de minimiser les impacts attendus des changements climatiques sur la biodiversité locale.

Il n’existe aucun inventaire actualisé de la flore et la faune de l’île, et un manque de dispositifs adéquats de collecte de données qui, selon des chercheurs, sont nécessaires pour entreprendre des études sur l’impact du climat et la planification de l’adaptation dans la gestion des écosystèmes.

Mais, en travaillant vers la réalisation du septième Objectif du millénaire pour le développement (OMD) – une série d’objectifs de développement et de lutte contre la pauvreté convenus par les Etats membres des Nations Unies en 2000 – les autorités espèrent établir les principes du développement durable à travers tous les secteurs pour réduire la dégradation de l’environnement, inverser la déperdition des ressources environnementales, et réduire considérablement le taux de perte de la biodiversité.

La directrice des écosystèmes à l’Agence nationale de l’environnement et la planification (NEPA), Andrea Donaldson, a déclaré à IPS que bien que le travail de l’agence sur la biodiversité ne soit pas focalisé sur les changements climatiques, ils sont conscients des impacts probables et continuent de mettre en œuvre des mesures pour sauvegarder la diversité biologique locale.

Le rapport national sur les OMD a souligné les échecs du pays dans les efforts de lutte contre la pollution et la protection des écosystèmes critiques, et ce sont ces facteurs qui inquiètent les scientifiques le plus.

En outre, les activités humaines qui entraînent la déforestation, la destruction des zones humides et des écosystèmes côtiers, l’étalement urbain ainsi que le mépris pour l’environnement naturel ont été identifiés comme quelques-unes des menaces les plus graves qui pèsent sur la biodiversité.

En effet, les experts craignent que le mépris pour l’environnement naturel ne puisse exacerber les effets des phénomènes météorologiques violents. Le Rapport 2010 sur l’état de l’environnement (SOE) et le rapport national à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ont tous deux souligné les activités humaines comme des menaces significatives.

“Les changements climatiques sont susceptibles d’augmenter davantage les effets négatifs” de la perte de l’habitat, de la surexploitation, la mauvaise utilisation des terres et de l’ignorance de la valeur des ressources naturelles, a indiqué le SOE.

Certains experts décrivent déjà les changements dans les récifs coralliens, les forêts et les zones humides côtières, des zones qui ont été identifiées comme les plus vulnérables aux changements climatiques. Il est largement admis qu’avec plus de 12 événements météorologiques extrêmes au cours des cinq dernières années, la Jamaïque ressent déjà les effets.

C’est l’île la plus bio-endémique dans la région. Classée cinquième parmi les îles du monde pour le nombre d’espèces seules, les pertes de la biodiversité de la Jamaïque pourraient être immenses. Il y a plus de 8.000 espèces d’animaux et de végétaux recensées et plus de 3.500 espèces marines sur l’île.

Parmi les trésors endémiques de l’île, figurent 10 espèces de cactus, sept espèces de palmiers et 60 des 240 espèces d’orchidées. Il y a 31 espèces endémiques d’oiseaux, neuf espèces de crabes, 505 espèces des 514 variétés d’escargots terrestres, et 33 des 43 espèces de reptiles.

Au moins quatre des 24 espèces de chauves-souris ici sont endémiques; 17 des 19 espèces de grenouilles et environ 15 des 115 espèces de papillons.

Parmi les seules espèces les mieux connues, figurent le ‘Tody’, le boa jamaïcain, le ‘Hutia’ de Jamaïque, également appelé le ‘coney’, et le géant machaon.

L’île figure sur la liste de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) des endroits ayant le plus grand nombre de mammifères en danger, principalement en raison de la menace qui pèse sur ses chauves-souris endémiques et le ‘coney’.

L’iguane jamaïcain, une autre des espèces endémiques de l’île, est sur la liste rouge de l’UICN des espèces menacées d’extinction. Environ 200 de ces animaux survivent dans les forêts calcaires en diminution de Hillshire, à plusieurs kilomètres de la capitale, Kingston.

Et comme les impacts de peu de journées de pluies, mais plus intenses, l’augmentation de l’intensité des ouragans, et des sécheresses périodiques font des victimes, les problèmes socio-économiques sont censés augmenter la pression sur les ressources naturelles.

En tant qu’agence chargée de sauvegarder les trésors biologiques de l’île, la NEPA a indiqué qu’elle a élaboré un certain nombre de politiques, programmes et lois pour gérer et prévenir l’exploitation non autorisée.

Toutefois, ses dirigeants admettent que l’application a été difficile, alors, comme le département des forêts, la NEPA fait des communautés affectées ses alliés. Le financement de l’adaptation a permis aux deux organismes de replanter les forêts et les zones humides côtières. Au même moment, ils travaillent avec les pêcheurs, agriculteurs et autres dont les moyens de subsistance dépendent des écosystèmes naturels pour trouver d’autres opportunités génératrices de revenus.

Le projet d’atténuation des catastrophes et d’adaptation aux changements climatiques, multisectoriel et à donateurs multiples, est financé par l’Union européenne. Il complète également les efforts de la NEPA visant à attribuer une valeur économique à l’écosystème et à améliorer la collecte des données afin de renseigner la planification des changements climatiques.

“Nous essayons d’installer des enregistreurs de données afin de recueillir des informations sur la température de la surface de l’eau de mer, entre autres”, a noté Donaldson. “Bien que nous fassions des contrôles réguliers des récifs, je ne peux pas dire de fait que tous les changements que nous voyons proviennent des changements climatiques”.

Les enregistreurs de données de la NEPA devraient fournir au ‘Jamaica Clearing House Mechanism’ (Mécanisme du bureau central de la Jamaïque – CHM) des informations qui seraient utiles dans l’étude de l’impact des changements climatiques sur ses vastes bases de données, même obsolètes, des plantes et animaux, a déclaré le biologiste Keron Campbell.

“Nous actualisons les données de base, les inventaires des espèces animales et végétales et cela est nécessaire pour suivre tous les changements”, a expliqué Campbell à IPS, indiquant que des enregistreurs de données ainsi que des études de terrain en cours et des informations sur la température obtenues du service de météorologie fourniront des données précieuses pour la planification de l’adaptation. (FIN/2012)

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