Le pays se bat pour protéger ses forêts et côtes du changement climatique

Guyana, dont la population est d’environ 750.000 habitants, est très vulnérable aux effets des changements climatiques.

Desmond Brown - IPS

GEORGETOWN, Guyana, 3 mai (IPS) – Ses accolades expriment entre autres le fait d’avoir le label de grenier des Caraïbes de même que celui de l’aventure amazonienne. Mais l’environnement naturel pour lequel Guyana, un pays d’Amérique du sud, est célèbre, chancelle sous les effets des changements climatiques.

Au cours de ces dernières années, l’ancien président, Bharrat Jagdeo, a conduit plusieurs initiatives qui se sont soldées par la reconnaissance de ce pays de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) pour sa gestion de l’écosystème, la conservation de la biodiversité et ses efforts de lutte contre les changements climatiques.

Mais en dépit de ces efforts, des responsables dans le pays estiment que Guyana, dont la population est d’environ 750.000 habitants, “est très vulnérable aux effets des changements climatiques”.

“Nous continuons d’être affectés par des conditions météorologiques et événements extrêmes, en particulier, des précipitations intenses entraînant des inondations, à la fois sur la côte et dans les régions de l’intérieur”, a déclaré à IPS, le Premier ministre, Samuel Hinds.

Environ 90 pour cent de la population et la plupart des activités économiques sont situées dans une bande étroite le long de la côte, près ou au-dessous du niveau de la mer, a expliqué Hinds. En conséquence, la majorité de la population est vulnérable aux inondations côtières provoquées par la montée du niveau de la mer, ou les inondations.

En 2005, Guyana a connu une grande inondation, avec trois semaines de fortes pluies continuelles qui ont ravagé l’économie, l’équivalent de 67 pour cent du produit intérieur brut (PIB) du pays.

Jagdeo défend la cause des pays en développement dans la lutte contre les changements climatiques. Il a également mis en évidence le rôle que les forêts du pays jouent, et peuvent continuer à jouer, dans la lutte contre les changements climatiques.

C’était sous sa direction que la Stratégie de développement à faible intensité de carbone (LCDS) de Guyana, qui a bénéficié d’un large soutien national et d’une renommée internationale, a été développée en 2009.

Dans le cadre de ce programme, le pays reçoit un paiement pour les services écologiques des forêts. Ces fonds sont utilisés pour créer des activités économiques sur une trajectoire à faible intensité de carbone, respectueuse de l’environnement pour la croissance et le développement.

En novembre 2010, Guyana et la Norvège ont établi un partenariat – le deuxième plus grand accord provisoire de la Réduction des émissions liées à la déforestation et la dégradation des forêts (REDD+) dans le monde – à travers lequel la Norvège s’est engagée à donner à Guyana jusqu’à 250 millions de dollars US d’ici à 2015 pour la lutte que mène le pays contre la déforestation et la dégradation.

A ce jour, Guyana a réussi à répondre aux exigences de performance pendant deux années consécutives, gagnant environ 70 millions de dollars. Ces fonds seront utilisés pour soutenir les projets de la LCDS qui transformeront les économies nationales et locales ainsi que pour appuyer les efforts de Guyana à s’adapter aux changements climatiques et à renforcer sa résilience aux changements climatiques futurs.

Réponses timides aux changements climatiques

Bien que le profil international de Guyana en tant que pays en développement au premier plan dans la lutte contre les changements climatiques ait été fortement renforcé, Jagdeo a affirmé que les gouvernements des Caraïbes sont des “somnambules” sur la question des changements climatiques, tandis que le monde développé n’a pas réussi à parvenir à un accord qui conduirait vers une voie de durabilité.

“En ce moment, nous sommes dans une situation mondiale où nous avons connu des échecs; beaucoup d’échecs à Copenhague, à Cancun et à Durban”, a déclaré Jagdeo aux délégués lors d’une Conférence des Caraïbes sur le développement du tourisme durable, un événement annuel organisé par l’Organisation du tourisme des Caraïbes (CTO) qui a eu lieu en avril.

“Nous sommes actuellement sur la voie vers une hausse de quatre degrés de la température de la planète. A une hausse de quatre degrés de la température mondiale au-dessus des niveaux pré-industriels, la forêt mourra naturellement, les coraux mourront, la mer monterait, alors nous perdrions la plupart de nos plages dans les Caraïbes. C’est sur l’avenir que nous réfléchissons désormais”.

Jagdeo a demandé aux responsables du tourisme d’utiliser leur influence pour amener les gouvernements et les sociétés à prendre plus de conscience de “la menace qui pèse sur notre mode de vie dans les Caraïbes”.

Exploiter les ressources existantes

Une étude de la Banque mondiale a indiqué, il y a un moment, qu’entre 10 et 15 des pays les plus vulnérables aux conditions climatiques se trouvent dans les Caraïbes. Une catastrophe pourrait avoir un impact systémique majeur dans les sociétés des Caraïbes qui ont vu des ouragans et inondations détruire l’équivalent de jusqu’à 80 pour cent du PIB.

Jagdeo avait exhorté les délégués à la conférence à se concentrer fortement sur la recherche de solutions au problème des changements climatiques au cours des trois jours de la rencontre. Reconnaissant les grands déficits budgétaires et les dettes énormes des gouvernements des Caraïbes, Jagdeo les a encouragés à rechercher des formules novatrices de financement.

“Le financement du climat, des fonds qui sont déjà là pour l’adaptation et l’atténuation, peut être utilisé dans le secteur du tourisme”, a-t-il dit. “Nous devons faire preuve de créativité” en veillant à ce que le secteur du tourisme ait accès à ces fonds, qu’il peut utiliser pour une énergie verte renouvelable moins coûteuse.

Richard Skerritt, le président de la CTO et ministre du Tourisme de Saint-Kitts-et-Nevis, a souligné qu’avec les défis économiques et budgétaires urgents auxquels est confrontée la région, Guyana aurait pu facilement succomber à la tentation de développer l’extraction de bois et d’autres ressources provenant de ses vastes forêts pluviales.

Mais il a indiqué que le pays, reconnaissant l’impact négatif à long terme de la déforestation, a été convaincu qu’il ne devait pas être forcé à choisir entre un développement à court terme et le changement climatique. (FIN/2012)

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