Les Caraïbes très envahis par les algues ‘Sargassum’

Eli Fuller, un spécialiste de l’environnement marin, a exhorté les gouvernements à développer rapidement un plan global pour régler le problème.

Desmond Brown - IPS

Les mauvaises herbes 'sargassum' ont échoué sur la côte, provoquant une

ST-JOHN’S, Antigua, 2 mars (IPS) – Quand des scientifiques parlent de la mer des Sargasses, qui occupe une partie de l’océan Atlantique, ils indiquent généralement à peine que des choses en sortent à cause de l’immobilité des courants d’eau.

Cela, jusqu’à présent. Au cours de ces dernières semaines, des algues provenant de la mer des Sargasses se dirigent vers les Caraïbes, échouant en masse sur les plages puisque les courants d’eau environnants changent avec le temps et la température.

C’est une situation qui pose de graves problèmes pour les écosystèmes locaux et les industries clé telles que le tourisme et la pêche.

“C’est la première fois dans l’histoire que je vois – ou que quiconque dans l’association de pêcheurs voit – une telle mauvaise herbe ‘sargassum’ envahir nos côtes”, a déclaré à IPS, Gerald Price, chargé de communication pour l’Association des pêcheurs d’Antigua et Barbuda.

Il a dit que cette algue bouche les moteurs de la plupart des barques utilisées par les pêcheurs.

Bien que la cause demeure confuse, la Division des pêches d’Antigua note que “les courants d’eau forts et inhabituels provenant de récents orages ont probablement amené la masse d’algues depuis la mer des Sargasses aux Caraïbes.

“On estime à l’avance que les masses d’algues pourraient augmenter puisque d’autres orages tropicaux sont prévus pour cette saison des ouragans”, ajoute-t-il.

Des courants d’eau évolutifs et des orages plus puissants, du fait des changements climatiques, constituent une possibilité. L’autre, c’est l’augmentation des températures des océans, et les effets qui en résultent sur les taux de croissance de différentes espèces marines.

Vince Best, un spécialiste de l’environnement et enseignant à l’université ‘Antigua State College’, a déclaré à IPS: “Il est possible que les changements climatiques soient indirectement responsables de la prolifération de cette mauvaise herbe particulière qui affecte actuellement beaucoup de côtes dans le monde”.

“L’augmentation des températures et les effets connexes peuvent être le précurseur qui affecte quelque peu la physiologie globale des différentes espèces de cette mauvaise herbe, provoquant, peut-être, cette croissance massive; d’où les quantités excessives de l’herbe rencontrées dans des milieux aquatiques”.

L’espèce qui s’observe est une macro-algue brune appelée ‘Sargussum fluitans’ (algues sargassum), une algue flottante que l’on trouve sur la surface de la mer et connue comme survenant dans cette région. On la trouve souvent en association avec la mauvaise herbe sargasse (Sargassum natans) qui est originaire des Caraïbes.

“Il est difficile de dire la vraie raison pour laquelle la mauvaise herbe ‘sargassum’ échoue sur les rives des Caraïbes sans une certaine évaluation technique”, a expliqué à IPS, Sandra Prescod Dalrymple, spécialiste de la gestion des ressources environnementales à ‘ESP Consultants (Caribbean) Inc’.

“Cela pourrait être dû aux vents forts qui provoquent une forte action des vagues, des houles d’hiver ou une combinaison de choses”.

Sans se soucier de la cause, elle a noté que les effets sont à la fois immédiats – tels que des mouches et autres vermines, une odeur nauséabonde, et des désagréments pour les utilisateurs des plages – et qu’à long terme, il pourrait y avoir de graves problèmes de santé si la situation n’est pas maîtrisée à temps et de façon efficace.

“L’industrie touristique sera affectée puisque les touristes viennent généralement dans la région d’abord pour sa mer et son sable”, souligne Dalrymple, ajoutant que “d’autres effets à long terme pourraient être vus dans l’érosion des plages étant donné que cette algue protège généralement la plage en absorbant l’énergie des vagues, réduisant ainsi les impacts des vagues sur l’océan”.

Eli Fuller, un spécialiste de l’environnement marin, a exhorté les gouvernements à développer rapidement un plan global pour régler le problème.

“Beaucoup de mauvaises herbes sargasses sont prises dans les courants d’eau réguliers qui les ramènent à Antigua, et nous avons constaté que la côte-ouest de l’Afrique en a bien pire que nous ici à Antigua”.

“J’ai vu une photo de la Sierra Leone qui montrait qu’ils ont un sérieux problème avec la mauvaise herbe. C’est un événement, c’est un événement historique qui se déroule”, a-t-il ajouté.

Le gouvernement d’Antigua et Barbuda exhorte les citoyens à faire preuve de prudence, les rassurant dans ce processus qu’il n’y avait aucun risque immédiat pour la santé associé à la mauvaise herbe ‘sargassum’.

“Les tapis exceptionnellement importants d’algues dans les baies et sur les plages pourraient perturber les activités de loisir, de pêche et nautiques, gêner le mouvement des tortues marines qui viennent sur les plages pondre leurs œufs, amener le matériel de pêche et les bateaux à s’empêtrer ou bloquer le trafic général des navires”, a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

“Il est conseillé au grand public que bien que cette nouvelle invasion soit une nuisance, elle ne pose aucune menace immédiate pour la santé humaine, mais que tous doivent faire preuve de prudence et d’attention lorsqu’ils travaillent continuellement et directement dans ses environs. L’odeur sulfureuse qui lui est associée est d’abord un résultat des processus de décomposition une fois que la mauvaise herbe devient stagnante dans une zone et meurt”.

Price a expliqué que l’impact était aussi sévère dans le secteur du tourisme après que les mauvaises herbes ‘sargassum’ ont échoué sur la côte, provoquant une “odeur nauséabonde” et chassant les touristes des plages dans un pays qui se présente comme ayant 365 plages – une pour chaque jour de l’année. (FIN/2012)

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