Les ouragansdeviennent plus fortsdans les Caraïbes

Patricia Grogg interviewe JOSÉ RUBIERA de l’Institut de météorologie de Cuba.

Jorge Luis Baños-IPS/ jlbimagen@gmail.com

LA HAVANE, 3 août (IPS) – Au lieu de parler de prévisionspour les ouragansaudébut de la saison de cetteannée, le météorologuecubain, José Rubiera, préfèrediscuter de l’importance de réduire la vulnérabilité du pays et d’améliorerl’état de préparation.

Les experts de l’Institut de météorologie de Cuba prédisent que dans la saison des ouragans de cetteannée – du 1er juinau 30 novembre – 17 tempêtes tropicales se formeront, y comprisneufouraganspossibles, dans la région des ouragans de l’Atlantique, quiinclutl’Atlantique Nord, le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes. Et ilsaffirment que l’une des grandes tempêtespourraitfrapper Cuba.

Au début de son entretienavec IPS, le directeur du département des prévisions de l’Institut de météorologieprécise que la région des ouragans de l’Atlantiqueest une zonetrèsvastedanslaquelletoutes les villes, telles que La Havane, s’adaptent à des millions de fois, parce “qu’ellessont de minusculespoints sur une carte”. Cela signifiequ’ilestimpossible de savoir à l’avancelàoù un ouragan va frapper.

“La perspectived’unesaison active signifieseulement que les conditionsmétéorologiques globales… sont favorables à plus de tempêtes que dans une annéenormale”, a déclaré Rubiera, quiestégalement vice-président du Comité des ouragans de la Quatrièmerégion de l’Organisationmétéorologiquemondiale.

Voiciquelquesextraits de l’interview.

Q: La saison des ouragans 2012 a ététrès active. Aprèstroisannéesd’accalmie à Cuba, Sandy a balayé la région de l’est, faisant des ravages et prenant par surprisebeaucoup de gens dans la région. Pourquoi?

R: Il y avaitbeaucoup de facteurs. D’abord, seulementdeuxouragansavaienttraversé Santiago de Cuba, aucund’entreeuxn’étaittrès intense, et ils se déplaçaient de l’estversl’ouest: Ella en 1958 et Inez en 1966.

Sandy était la premièretempête à passer du sud aunord à travers la province de Santiago de Cuba. L’œil de l’ouragan a atteint les côtestôt le matin du 25 octobre, près de la plage de Mar Verde, à l’ouest de la ville de Santiago.

Le mur de l’œil de Sandy (l’anneau de ventsfortsquientourel’œil) a traversé la ville de Santiago de Cuba, quiestdans une zonemontagneuse et possède des bâtimentsayant un degréélevé de concentration de la population. Et les habitants de la villen’ontpas des annéesd’expérience de ce à quoiressemblent les ouragans.

Q: Est-ce que Sandy a laissé de leçonspour Cuba?

R: Je pense bien. La leçon de Sandy était que tous les ouraganssontdangereux et que les effetsqu’ilspeuventavoirnedevraientjamaisêtresous-estimés. Et aussi, que toutes les grandes villesdoiventêtrepréparées, parce qu’il existe un nombre plus grand de personnesvulnérables que dans les cas de populationsisoléesou plus petites.

L’éducationdoitêtrerenforcéedans les régions du paysquinesouffrentpas de ces chosesfréquemmentouquiprésentent une grande intensité, pouraccroître la sensibilisationaux risques.

Q: Quellessont les conditions favorables à ce genre d’ouragan intense, dévastateur?

R: Je nediraispasqu’ilétaittrès intense. Au momentoùil a atteint Cuba, ilétaitdéjàdescendu à une tempête de catégorietrois. Oui, je diraisqu’ils’estintensifiérapidement, mais ce n’estpas la mêmechose.

Seulement 17 heures se sontécoulées à partir du momentoù Sandy estdevenu un ouragan de catégorie une, juste au sud de la Jamaïque, jusqu’à ce qu’ilatteigne la côte de Santiago de Cuba. Dans ce laps de temps, ilestpassé de la catégorie une à la catégorietrois.

Pourquoi cela s’est-ilproduit? Bien, les conditionsétaientextrêmement favorables pour que cela arrive. La température de l’eau de merétaittrèsélevée, 31 degrés, et dans la haute atmosphère, les conditionsontfavorisé une grande instabilitéatmosphérique.

Q: Cela était-il un nouveauphénomène?

R: Avec les quelquesderniersouragans, en ces premièresannées du 21ème siècle, noussommes habitués à des cas d’intensificationrapide, commeWilma, quiestpasséd’unouragan de catégorie une à celui de catégoriecinq en seulement 18 heurespendantqu’ilpassait par les Caraïbes en octobre 2005.

C’est une manifestation de ce que nousvivons à un momentoù la température de l’eau de meraugmente et où les conditionsdans la haute atmosphèresont favorables à une intensificationrapide. Ces cas sontmaintenant un peu plus fréquents; cela signifie que quelquechoseest en train de changer.

Q: Ilsembleexister un consensusselonlequel le changementclimatiquene provoque pas plus d’ouragans, mais que ces tempêtesdeviendront plus intenses. Quelestvotrepoint de vue sur cela?

R: Exactement. Bien qu’unouragansoit un phénomène sur une trèspetiteéchelle, par rapportauxmodèlesutiliséspourévaluer les changementsclimatiques, il y a certainsélémentsquisemblentindiquer que le nombre n’augmenterapas, maissera le mêmeoupeut-êtreencore plus petit. Maisl’intensité de ces systèmes de tempêteaugmentera, toutcomme les niveaux de précipitationsdeviendront plus élevésaufur et à mesure que nousnousapprochons de 2100.

C’est le consensus du Groupeintergouvernemental sur l’évolution du climat et des expertsdes tempêtes tropicales quiontdiscuté de la question. Je suisd’accordaveccetteappréciation. (FIN/2013)

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