Mobiliser des fonds pour un plan climat sur dix ans

Caricom a adopté une stratégie commune baptisée “Plan de mise en œuvre du cadre régional pour la réalisation du développement résilient aux changements climatiques”.

Peter Richards - IPS

Le plan cadre régional fournit une feuille de route pour une action des Caraïbes contre les changements climatiques au cours de la période 2011-2021.

PORT OF SPAIN, Trinidad, 21 mars (IPS) – L’incapacité à s’adapter aux changements climatiques fera dérailler les aspirations au développement de la Communauté des Caraïbes (Caricom) de 15 membres, absorbant une moyenne de cinq pour cent du produit intérieur brut (PIB) de 2004 à l’échelle régionale d’ici à 2025, préviennent des chercheurs.

Les coûts prévus pourraient augmenter jusqu’à 75 pour cent d’ici à 2100 pour les petites nations, déclare le Centre du changement climatique de la Communauté des Caraïbes (CCCCC).

Se réunissant il y a deux semaines à Suriname, les dirigeants de la Caricom ont reconnu la gravité de la menace, adoptant une stratégie commune baptisée “Implementation Plan for the Regional Framework for Achieving Development Resilient to Climate Change” (Plan de mise en œuvre du cadre régional pour la réalisation du développement résilient aux changements climatiques).

Le problème maintenant, c’est comment payer pour cela.

Le CCCCC, qui a rédigé le plan à la demande de la Caricom, a souligné que “ces préoccupations exigeront à la fois des mesures d’adaptation et d’atténuation, ce qui nécessitera un investissement important et soutenu de ressources” que les pays des Caraïbes seront incapables de réunir par eux-mêmes.

“Ces défis climatiques sont aggravés par le fait que les Etats de la Caricom sont relativement petits, ont un niveau exceptionnellement élevé de dette extérieure – dans certains cas au-delà de 100 pour cent du PIB – et dépendent fortement des combustibles importés coûteux”, a déclaré Dr Kenrick Leslie, directeur exécutif du CCCCC.

Il a indiqué que les prix du carburant “ont atteint 147 dollars le baril en 2008, avec 21 pour cent du PIB, soit quatre fois le coût des importations alimentaires de quatre milliards de dollars, qui ont été dépensés sur ce produit en 2010”.

“Cela signifie que les Etats de la Caricom ne disposent pas des ressources nécessaires pour mettre en œuvre des programmes d’adaptation”, a-t-il affirmé, ajoutant que “vu la dimension de ces coûts, (cela) signifiera que les économies des Etats de la Caricom sont en perpétuelle récession”.

Leslie a déclaré que le développement socio-économique et les mesures d’adaptation, telles que la replantation des mangroves, une meilleure planification de l’utilisation des terres, et la construction de structures côtières de défense contre la montée des niveaux de la mer sont étroitement liés.

“L’adaptation est de plus en plus décrite comme le développement résilient au climat ou le développement sous un climat hostile. Il s’agit de la capacité des Etats à résister aux aléas d’un climat changeant, ou même s’ils sont négativement affectés, la façon dont ils peuvent rapidement répondre et rebondir”, a-t-il dit.

Leslie a ajouté que “la rapidité avec laquelle la Grenade a pu reconstruire et revenir à un semblant de normalité après les ouragans Ivan et Emily (en 2004 et 2011) était un reflet de son développement résilient”.

Le plan cadre régional fournit une feuille de route pour une action des Caraïbes contre les changements climatiques au cours de la période 2011-2021.

“C’est un document vivant (qui) sera soumis à une revue et à une éventuelle révision tous les deux ans pour s’assurer qu’il continue de refléter les priorités de la région des Caraïbes dans sa réponse à la variabilité du climat et aux changements climatiques”, a expliqué Leslie.

Lorsqu’ils adoptaient la “Déclaration de Liliendaal” lors de leur sommet en Guyane en 2009, les dirigeants de la région avaient fait un certain nombre de déclarations sur les changements climatiques et l’environnement qui, selon eux, ne pouvaient aboutir que par un changement transformationnel.

Elles comprennent la stabilisation à long terme des concentrations de gaz à effet de serre atmosphérique pour limiter le réchauffement en dessous de 1,5 degré Celsius des niveaux pré-industriels; et la nécessité d’un appui financier aux petits Etats insulaires en développement (PEID) afin de renforcer leurs capacités à répondre aux défis provoqués par les changements climatiques et d’accéder aux technologies qui seront nécessaires pour entreprendre des mesures d’atténuation nécessaires et s’adapter aux impacts négatifs des changements climatiques.

Dans la déclaration, les dirigeants de la région “ont exprimé une grave inquiétude” selon laquelle leurs efforts pour promouvoir un développement durable et atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) étaient gravement menacés par les effets dévastateurs des changements climatiques, les phénomènes météorologiques extrêmes et la montée du niveau de la mer.

“Des changements climatiques dangereux se produisent déjà dans toutes les régions des PEID, notamment les Caraïbes, nécessitant une mesure urgente, ambitieuse et décisive de la part des Etats de la Caricom et de la communauté internationale”, a-t-il dit.

Ce cadre régional est guidé par cinq éléments stratégiques et quelque 20 objectifs conçus pour augmenter considérablement la résilience des systèmes social, économique et environnemental des Caraïbes.

Ils comprennent l’intégration des stratégies d’adaptation aux changements climatiques dans les programmes de développement durable des Etats de la Caricom, la promotion de la mise en œuvre de mesures d’adaptation spécifiques pour remédier aux vulnérabilités essentielles dans la région ainsi que la promotion d’actions visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre par la réduction et la conservation des combustibles fossiles, et le passage à des sources d’énergies renouvelables et plus propres.

Ces stratégies cherchent également à encourager les mesures visant à réduire la vulnérabilité des systèmes naturels et humains dans les pays de la Caricom aux impacts des changements climatiques et la promotion de mesures pour tirer des avantages sociaux, économiques et environnementaux grâce à la gestion prudente des forêts qui existent encore.

Le plan reconnaît que la construction d’une économie à faible carbone et résistante au climat est un élément essentiel du programme de développement durable plus large et que lutter contre les changements climatiques, sans aborder les problèmes sous-jacents de développement et de croissance durables auxquels la région est confrontée, ne donnera pas la résilience.

Jusqu’à présent, un Protocole d’accord et une Note de concept conjointe ont été signés avec la Norvège pour fournir des ressources financières pouvant atteindre 250 millions de dollars d’ici à 2015 pour commencer et appuyer partiellement la mise en œuvre de la stratégie.

Mais une aide financière et technique plus grande sera nécessaire.

“Les pays de la Caricom ont désormais une opportunité pour attirer le financement des changements climatiques afin d’appuyer leurs initiatives visant à renforcer la résilience de leurs économies et à réaliser un développement à faible carbone et résilient au climat grâce aux initiatives telles que les Fonds de démarrage rapide sous l’Accord de Copenhague”, indique le document. (FIN/2012)

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