Choléra : Les experts de l’ONU identifient « une confluence de circonstances » à l’origine de l’épidémie

L’épidémie s’est propagée le long du fleuve Artibonite, souligne le rapport.

Ariel Arias

Fleuve en Haïti

P-au-P., 5 mai 2011 [AlterPresse] — Le rapport du Groupe d’experts indépendant chargé d’enquêter sur l’origine de l’épidémie de choléra en Haïti, publié le 4 mai, conclut que cette épidémie a été causée par « la confluence de plusieurs circonstances et n’était pas la faute, ou n’était due à l’action délibérée d’un groupe ou d’un individu », selon une dépêche du Centre de Nouvelles de l’ONU.

La première hospitalisation liée au choléra à Mirebalais (est), dans la région en amont du fleuve Artibonite, a eu lieu dans la soirée du 17 octobre 2010 et le premier cas de choléra en Haïti en près d’un siècle a été confirmé le 22 octobre 2010, rappelle le rapport. Depuis, l’épidémie a causé la mort de plus de 4.500 personnes et affecté près de 300.000 autres.

Des poussées continuent d’être observées dans plusieurs régions du pays et la situation pourrait se compliquer avec la saison des pluies qui vient de débuter.

« Le calendrier suggère que l’épidémie s’est propagée le long du fleuve Artibonite », souligne le rapport.

S’agissant des sources potentielles de contamination qui pourraient avoir déclenché cette épidémie, les experts notent que les conditions sanitaires au camp de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) à Mirebalais n’étaient « pas suffisantes » pour éviter une contamination fécale de la rivière Meye, un affluent du fleuve Artibonite.

En outre, les conclusions de chercheurs indépendants sur la bactérie responsable de l’épidémie indiquent que les souches de l’épidémie en Haïti « sont génétiquement identiques, indiquant une source unique pour l’épidémie en Haïti » et que la bactérie est « très similaire mais pas identique aux souches du choléra de l’Asie du Sud actuellement en circulation en Asie, confirmant que la bactérie du choléra en Haïti n’émanait pas d’Haïti ».

La contamination de la rivière Meye a entraîné une épidémie explosive de choléra dans le delta du fleuve Artibonite et ensuite à travers Haïti. « Cette diffusion explosive était due à plusieurs facteurs, dont l’usage répandu de l’eau de la rivière pour faire la lessive, se baigner, boire et s’amuser », selon le rapport.

Le document mentionne également « l’exposition régulière des travailleurs agricoles à l’eau d’irrigation du fleuve Artibonite ; le degré de salinité du delta de l’Artibonite qui a fourni des conditions optimales pour une prolifération rapide de vibrio cholerae (et) l’absence d’immunité de la population haïtienne au choléra ».

« Les mauvaises conditions en matière d’eau et d’assainissement en Haïti ; la migration d’individus infectés vers des communautés résidentielles et des centres de traitement » font partie aussi des facteurs qui, selon les experts, ont contribué à une explosion de l’épidémie de choléra dans le pays.

« L’introduction de cette souche du choléra en raison de la contamination environnementale avec les matières fécales n’aurait pas pu être la source d’une telle épidémie sans les déficiences simultanées du système d’adduction d’eau, d’assainissement et de soins de santé », affirment les experts, qui concluent que « l’épidémie de choléra a été causée par la confluence de circonstances décrites ci-dessus et n’était pas la faute, ou due à l’action délibérée, d’un groupe ou d’un individu ».

Les experts recommandent que les secouristes et le personnel des Nations Unies venant de zones où le choléra est endémique reçoivent une dose prophylactique d’antibiotiques avant leur départ ou soient testés pour confirmer qu’ils ne portent pas le virus du choléra. Ils recommandent aussi que tous les employés des Nations Unies et les secouristes se rendant dans des zones d’urgence reçoivent des antibiotiques, soient immunisés contre le choléra afin qu’ils soient protégés et protègent la santé des autres.

Pour prévenir l’introduction d’une contamination de l’environnement local, les installations des Nations Unies à travers le monde devraient traiter les matières fécales en utilisant des systèmes qui inactivent les bactéries pathogènes avant l’élimination des ces matières fécales.

S’agissant plus spécifiquement d’Haïti, les experts suggèrent aux Nations Unies et au gouvernement haïtien d’investir dans un réseau d’adduction d’eau potable et un meilleur système d’assainissement dans le pays.

Le rapport a été présenté au Secrétaire général de l’ONU le 3 mai et le Représentant spécial du Secrétaire général en Haïti, Edmond Mulet, a transmis plus tôt mercredi, une copie de ce rapport au gouvernement d’Haïti.

Les conclusions et recommandations du rapport seront examinées « attentivement » par le Secrétaire général de l’ONU qui a « l’intention de mettre sur pied un groupe de travail au sein du système des Nations Unies », afin de les étudier et « d’en assurer un suivi rapide et approprié », a dit affirmé le porte-parole de Ban Ki-moon dans un communiqué.

« Au nom de la famille des Nations Unies, le Secrétaire général réitère sa profonde sympathie aux victimes de l’épidémie et à leurs proches », a-t-il ajouté.

Le panel était présidé par le Docteur Alejandro Craviolo du Mexique travaillant auprès du Centre international de recherche pour la diarrhée au Bangladesh. Il était également composé de trois autres membres, le Docteur Claudio Lanata du Pérou de l’Institut d’enquête nutritionnelle du Pérou, le Docteur Daniele Lantagne des Etats-Unis travaillant à l’Université d’Harvard et le Docteur Balakrish Nair d’Inde de l’Institut national du choléra et des maladies entériques. [gp apr 05/05/2011 08 :00]

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