L’étau se resserre sur l’immigration haïtienne en Amérique du Sud

L’Équateur et qui accueille jusqu’à date le plus grand nombre de réfugiés.

Bogota, 9 avril – L’étau s’est de plus en plus resserré, au cours des trois dernières années, sur l’immigration haïtienne en Amérique du Sud, principalement au Pérou, au Chili, en Bolivie et au Brésil.

 Tout semble indiquer que l’Équateur, pays hospitalier par excellence et qui accueille jusqu’à date le plus grand nombre de réfugiés (principalement colombiens) en Amérique du Sud, pense aussi sérieusement à un éventuel durcissement migratoire pour tenter de réduire le flux de plus en plus massif d’Haïtiens et Haïtiennes vers son territoire et vers la région.

 L’avortement d’une première tentative de durcissement

 Selon la presse équatorienne, le gouvernement du président Rafael Correa a rendu publique le 15 mars dernier, du moins sur le site web de la chancellerie du pays www.mmrree.gob.ec, une note de presse annonçant de nouvelles exigences pour l’entrée des citoyens haïtiens sur son territoire. Exigences qui entreraient en vigueur à partir du premier avril dernier.

 Cependant, la presse équatorienne a indiqué que le gouvernement s’est finalement ravisé avant même l’entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions. En fait, il a même retiré de son site web le communiqué susmentionné.

 Des organisations non gouvernementales en Équateur attendent avec impatience une mise au point du gouvernement du président Rafael Correa.

 Quelles sont les raisons de ce désistement ?

L’absence d’un accord avec l’administration politique haïtienne pour la mise en œuvre de ces nouvelles dispositions serait à l’origine de ce revirement du gouvernement équatorien, selon une source officielle, citée par la presse locale.

 Les autorités équatoriennes prévoyaient de faire obligation à tout citoyen haïtien désireux d’entrer sur son territoire de présenter à l’Aéroport de Quito une lettre d’invitation dûment notariée.

 Cette lettre devrait être rédigée par un citoyen équatorien ou étranger résidant au pays qui s’engage à couvrir les frais de logement, d’alimentation et autres éventuelles dépenses encourues par son invité.

 Le citoyen qui fait l’invitation serait aussi enjoint, selon le même communiqué finalement retiré, de prouver sa capacité économique ou de démontrer qu’il gagne un salaire mensuel minimum de 1000 dollars américains.

 Le gouvernement équatorien a réalisé que sans un accord avec son homologue, il serait pratiquement impossible de coordonner le refoulement de tant de citoyens haïtiens qui seraient dans l’incapacité de satisfaire ces nouvelles exigences.

 Le sens pratique et non pas humanitaire ou solidaire du gouvernement équatorien lui commanderait de se rétracter.

 L’accroissement du flux migratoire haïtien, facilité par des réseaux de trafiquants

 L’Équateur est très préoccupé par l’augmentation de plus en plus croissante vers son territoire du flux migratoire haïtien, dont un grand nombre sont victimes du trafic illégal organisé par des réseaux délinquants transnationaux dotés de tentacules en Haïti et en Amérique du Sud. Une organisation haïtienne aurait promis à des dizaines de jeunes des bourses d’étude et des emplois dans ce pays sud-américain en échange de 1,500 dollars américains, selon les témoignages de 13 de ces jeunes qui ont été abandonnés à Quito.

 Les trafiquants profitent du laxisme apparent de l’État haïtien pour promouvoir en toute impunité des voyages illégaux vers l’Équateur et le reste de l’Amérique du Sud.

 Un total de 1,687 Haïtiens est entré en Équateur en 2010, 2,545 en 2011 et 3,375 en 2012, selon les statistiques de la Police nationale de la migration équatorienne. (2013)

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